19 mars 2014

Rencontre avec Mallock

 Je me suis rendue à la rencontre organisée par le site Babelio avec l'auteur Mallock. Acceuilli par un sourire nous invitant à déguster des petits fours et boissons sans alccols en attendant que tout le monde soit là, je tiens à préciser que j'ai passé un très agréable moment.

Pseudo de Jean-Denis Bruet-Ferreol, pour "Les larmes de Pancrace" chez Fleuve Noir, il faut savoir que l'homme est un peu touche à tout, tour à tour écrivain, photographe, peintre...

Ce fut une rencontre fort intéressante et enrichissante sur sa façon de travailler, son parcours ainsi que ses projets, même s'il ne nous a laissé qu'entrevoir ces derniers.

Voici donc les questions et leurs réponses, mais si j'ai déformé par mégarde les propos de l'auteur, je reste à sa dispositions pour rectifier ces derniers.

Qui de l'auteur ou du personnage est arrivé en premier?

Le perso est né en 95, et moi en 51, répond-il avec humour. Il me doit le respect. Mais plus sérieusement, j'ai crée un personnage viril pour une histoire, Mallock, a qui j'ai donné le prénom ridicule d'Amédée pour le casser un peu. je ne pensais pas le développer. C'était le contraire de moi même, mais les lecteurs ont mis le doigt sur la ressemblance. J'ai alors décidé d'écrire "Le visage de Dieu", manuscrit envoyé seulement après 20 ans à écrire sans jamais rien posté à un éditeur. Il y a eu trois réponses positives dont le "Seuil". J'ai signé avec eux par orgueil, le "Seuil" quoi, mais ce fut une erreur. fleuve Noir est un miracle.

Est-ce que Mallock à évolué entre le premier volume et aujourd'hui?

J'apprécie le formatage des personnages, car ça me permet de délirer ( *là je ne suis pas sure d'avoir tout compris). Mais Mallock a évolué. Il a perdu son fils dans le 1er, dans ce quatrième volume, il commence à revivre. Il y a formatage du nombre de signe de la construction pour pouvoir délirer sur le reste.

Quel était le point de départ de l'intrigue qui devait s'appeller Coeur-corneille?

La noblesse d'un livre est de raconter une histoire inconnue, soit on a une thématique forte : dans "Les hirondelles" c'était " je l'ai tué parce qu'il m'a tué"... (* et après j'attends toujours le deuxième soit, mais c'est les aléas de l'oral, lorsque la pensée nous entraîne plus vite qu'on n'a le temps de l'exprimer...)

Là c'est une saga policière dans le temps. J'ai inventé le château pour ce voyage temporelle où Mallock intervient sans voyager. 

Je finalise un roman, fait la recherche pour le suivant tout en écrivant celui en court. La recherche est très importante, se tenir informé aussi pour avoir une crédibilité. Pour les lieux, je vais beaucoup sur Google earth, alors qu'avant je prenais mon appareil photo.

Le vignoble n'existe pas. mais j'ai tout écris, cela faisait 700 pages environ, puis j'ai fait des coupes sévères, mais au départ j'avais besoin de tout adossé.

Allez-vous aussi à fond sur les caractères des personnages?

Au départ, je trouvais difficile les dialogues, mais avec le métier, c'est plus facile. Là, je suis satisfait de mes personnages. Parfois je fais une fiche, parfois non. je suggère, sans décrire, pour que le lecteur imagine. Après, il faut que ça fonctionne.

Déterminez-vous le coupable dès le départ?

Oui, le plan est monstrueux dès le départ, chapitre par chapitre avec ce qu'il y a dedans. C'est 30 à 50 pages et la structure est sur une feuille A3 épinglée au mur.

Il y a deux styles différents dans le livre, classique ou délirant?

J'aime beaucoup les styles différents et je ne me sens pas bien dans un seul genre. J'ai mis du temps à lier les deux, à créer l'émotion par la forme contre-balancée par des dialogues où les mots familiers mettent en valeur le texte. J'avais même commencé la partie historique en vieux français.

Pourquoi le moyen âge?

Rien de spécial, sauf que pour le voyage dans le temps, la peste et le brasier ont été le déclencheur pour rendre spécifique la terre du vignoble.

Est-il normal qu'un policier utilise de l'opium? Pourquoi cette composante?

(Spoiler d'un autre volume que les larmes de pancrace) Ça fait parti des trucs qu'on fait sur le moment. J'ai crée Thomas, le fils de Mallock, pour exorciser ma peur de perdre mon fils. Je vous rassure, les deux sont en bonne santé. La perte de ce fils plonge Mallock dans le drame. Ll'opium le désinhibe et justifie son intelligence par rapport aux autres. ( *Il a du vouloir dire intuition, quand on sait que les drogues bloquent les neurones et détruisent donc l'intelligence...) Il doit souffrir et avoir des failles, l'opium conduit à ses intuitions et le rend plus sympathique.

Pourquoi ce pseudo? L'identification va-elle jusqu'au bout?

Je suis un homme de marketing, 20 ans dans la publicité et j'ai procédé au principe de parcimonie en supprimant le titre "les chroniques barbares", mon nom et le pseudo en prenant le nom du personnage. Le coté positif, c'est la mémorisation. J'assume. Ses valeurs sont les miennes, et après coup, heureusement qu'il était sympathique.

Imaginez-vous le film que ça pourrait être?

En écrivant, je me demande ù je vais placer la caméra. C'est effectivement très cinématographique, mais pour l'adapter je devrais m'eclipser car c'est un autre langage, et le confier à quelqu'un en qui j'aurais confiance. J'aurais aimé être réalisateur mais je serais devenu fou car il y a trop de monde à consulter.

Vous disiez que vous ne vendiez pas beaucoup alors qu'un de vos livres sort aux Etats-Unis, en Angleterre, ...?

J'ai de la chance, mais tant que les médias ne s'en mêlent pas, ce n'est pas de grosses ventes.

Il y a beaucoup d'images, c'est très riche, mais par rapport à toutes ces connaissances, il y a beaucoup de clichés. Quel est votre ambition d'écriture vis à vis du public?

Vous êtes un lecteur, et non le public. je raconte des histoires extraordinaires. Si les gens veulent des histoires formalisées, qu'ils ne me lisent pas. La confusion de ce que je raconte ne peux pas plaire à tous, mais qu'ils reconnaissent au moins que c'est bien écrit. Me faire démolir alors que je n'ai pas triché est dur car il y a un niveau de qualité même si ce n'est pas votre style.

Pour la traduction, comment vous assurez-vous que le traducteur respecte votre style?

Il faut faire confiance. Je regarde les gens. J'ai été conseil pendant 25 ans et je travaille avec Pierre Astier dont les gens gardent un souvenir émus. Çaaide. Un grand éditeur Italien a accepté le livre et un auteur italien a accepté de faire la traduction. Si on a quelqu'un de sympathique et de professionnel en face de soi, on y va.

Avez-vous une musique de fond lorsque vous écrivez?

Au début, il y a 25 ans, je n'écrivais qu'en musique. petit à petit, je me suis détaché. J'aime écrire au terrasse des cafés. Ça me force a créer une bulle ou je suis encore plus concentré. les seuls a percer les bulles sont les groupes de jeunes filles qui rigolent.

Dans le prologue, on a l'impression d'une description de bd, avez vous pensé à en faire?

J'en ai déjà fait un peu. On m'avait demandé de designer un personnage. Mais c'est vrai que tout est très graphique. Tout les meurtres du "Visage de Dieu" je les ais dessinés. Mais rien n'est systématique.

Puis sur ces dernière paroles, l'auteur a dédicacé les exemplaires de son livres.

mallock

 

Pour en savoir plus, ou pas, vous pouvez retrouver l'article de babelio sur cette rencontre :

http://babelio.wordpress.com/2014/03/06/quand-les-lecteurs-de-babelio-rencontrent-mallock/

Posté par Lanael Logan à 13:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 décembre 2013

Sire Cédric

Commencer une nouvelle rubrique sur ce blog avec Sire Cédric, c'est comme de me proposer de déguster une boîte de chocolat. Je vais me régaler, autant que je me suis déjà délectée à ce café littéraire, non pas à cause du chocolat chaud et des mini muffins offerts par le Colombus Café, mais parce que ça a été un véritable moment de plaisir.

Je vais donc ici, retracer ce qu'il a été dit, au mieux de mes notes, au travers des questions pertinentes posées par le représentant de la Médiathèque du Val d'Europe. Je m'excuse vivement auprès de l'auteur si en retranscrivant sa pensée, je l'ai mal interprétée et m'engage à faire toute modification qu'il jugerait nécessaire.

sire cedric 3

Commençons donc : 

Comment pourrait-on qualifier votre œuvre ?

J'ai l'impression d'écrire des romans d'aventures, des histoires fascinantes, basées sur des courants littéraires différents, tel que l'aventure avec Bob Morane, l'horreur, l'amour, la superstition... Quand j'invente, du fantastique surnaturel vient se greffer, dépassant le cadre de la vie quotidienne. J'envisage la littérature comme un divertissement.

Pourquoi pas de Fantasy ?

J'ai commencé par ça quand j'avais une dizaine d'années, lisant de la fantasy, d'où les cheveux blancs de mon personnage, en référence à Mickael Moorcock. Mais dans les trois genres fantastiques, les codes sont différents. La SF est une extrapolation de notre société, la fantasy est plus liée à la mythologie et aux religions avec des créatures, ce qui aborde la place de l'homme dans l'ordre des choses, avec des quêtes héroïques et le fantastique, où les créatures ne sont pas censées exister mais sont là. Avec ce changement de point de vue, cela devient une littérature psychanalytique qui permet d'évoquer nos angoisses, domaine que j'aborde depuis que j'ai 13-14 ans. Les mythes urbains sont du fantastique, mais au-delà de ça, c'est l'histoire qui est importante.

Ou commence le fantastique et où s'arrête la réalité ?

La particularité de l'écriture, de mon point de vue est très importante. Je me greffe sur la réalité à partir du fantastique au lieu de greffer le fantastique sur la réalité.

Quel est le secret de l'addictivité de vos livres ?

C'est le travail. Pour happer le lecteur dès le début jusqu'à la fin, scène après scène, je cherche à garder la fluidité. J'écris tout les jours et si je ne suis pas moi-même embarqué le lendemain après avoir écrit, je recommence jusqu'à ce que ça fonctionne. J'essaye d'éviter les digressions et que le plaisir soit permanent. J'utilise des rythmes différents, des structures différentes à chaque livre. Je me lance des nouveaux challenges à chaque fois. Je cherche à surprendre le lecteur.

Est-ce que la musique vous inspire ?

Il n'y a pas de règle, mais j'écoute beaucoup de musique et j'ecris dans une bulle. Si la musique me distrait, je coupe, mais elle peut aussi induire un rythme hypnotique. Pour "le premier sang", la musique a été très importante. Les compositions musicales abordant le sujet de l'apocalypse ont créé des images.

Dans chacun des romans, la figure de l'enfance est très importante, pourquoi ce leitmotiv ?

Il n'y a pas d'explication spécifique, même si l'enfance est une période importante de la vie.

Lire du fantastique, est-ce garder une part d'enfance ?

Je ne me pose jamais autant de questions, mais pour moi, si la lecture d'une oeuvre devient transgénérationnelle, c'est que le divertissement fonctionne. Ainsi, je décris peu mes personnages, mais chacun les imagine à sa façon. L'histoire est vue depuis l'imaginaire de chaque lecteur, car il n'y a pas de messages. Je trouve que ça tue les mythes de vouloir les expliquer. L'art doit-être plus grand que la vie de tous les jours.

La figure du méchant est particulièrement travaillée dans "la mort en tête", comment est né ce personnage ?

Le méchant n'est pas réaliste, c'est une image du mal absolu, masqué derrière la gentillesse. Il est né comme ça. Je le mets dans des positions les plus réalistes possible, dans des lieux réels.

La violence est critiquée dans vos romans, est-ce uniquement pour le lecteur ou y a-t-il une incidence particulière pour vous ?

Il n'y a pas de messages, mais des thèmes récurrents, en particulier sur l'apparence. L'héroïne est une femme, albinos aux cheveux blancs dans un univers d'hommes. Ça interpelle. La violence permet d'évoquer des choses importantes, mais il n'y a jamais de violences gratuites qui n'apporteraient rien à l'histoire. Chaque chapitre explique quelque chose avec un but. C'est une articulation indispensable.

Pourriez-vous ré-écrire des choses comme "Angemort" (porno-gore) ?

Je n'ai pas envie de retourner dans ce monde pour le moment, mais c'est possible. J'écris un livre par an, et je tiens à être fier de ce que je donne aux lecteurs. (NDLR : Je ne l'ai pas noté sur le coup, mais l'esprit de la phrase était, il me semble, que cela lui laissait peut de temps pour digresser vers ce type d'oeuvres, entre l'écriture et les corrections).

Comment êtes-vous passé de nouvelles à un roman de 500 pages ?

Les nouvelles, c'était au tout début, un format pour être lu rapidement, partager avec les autres facilement. A l'époque, c'était immédiat. Je pouvais imprimer les 10 pages et les faire lire à mes profs, mes amis... Mais le temps passant, mes idées sont plus développées. Les nouvelles restent tout de même mes histoires les plus personnelles. Elles m'ont appris à écrire et sont donc beaucoup moins bonnes que ce que je suis capable de faire maintenant.

Quelle figure stylistique sera dans le prochain roman ?

Il n'est pas écrit, il n'y a que l'idée.

Vos sources d'inspirations ?

Stephen King a changé ma vie. Il a un ton fort, un style fort, inimitable. Il m'a donné envie d'écrire. Il ya aussi Dean Koontz, Clive Barker... Ils m'ont montré qu'écrivain était un vrai métier, quand j'avais environ 15 ans, en lisant des interviews. Ils m'ont montré que certaines choses sont possibles, au contraire du système éducatif pour lequel un écrivain est mort.

Comment faites-vous pour dépasser le dédain du système pour le genre fantastique ?

J'écris ce que j'aimerais lire.Le dédain pour les littératures de niches, je ne sais pas quoi en penser. Où c'est bon, où c'est chiant ! Il y a une espèce de snobisme sur la sf, le fantastique, mais les gens lisent de l'imaginaire pour se divertir. Ça ne me touche donc pas. Les livres qui resteront, seront de la littérature populaire et comme les lecteurs veulent de la qualité, la barre est haute.

Que pensez-vous du numérique ?

Le numérique est l'avenir du livre, mais je reste attaché au papier. Il y a d'ailleurs eu un bug sur l'epub de "La mort en tête" mais c'est rectifié. Quand au prix des epub... c'est souvent du vol.

La seule question du public ayant suivi ce questionnaire :

En retravaillant un passage, te laisses-tu prendre par ce que tu as écris ?

Oui, surtout quand je n'arrive plus à voir mes fautes. D'ailleurs, si ça ne marche pas, je recommence. Ainsi, pour "L'enfant des cimetières", le dernier tiers à été ré-écrit trois fois.

Et pour finir, le jeu du répondez sans réfléchir, dont certaines réponses m'ont beaucoup plu:

Angoisse la plus forte : l'incapacité à communiquer

Pire créature cauchemardesque : l'être humain

Idole incontestée :  David Lynch

Évènement le plus marquant :  J'ai eu des rapports compliqués avec mes parents qui ne comprenaient pas ce que je faisais. Ils ont déménagé en Guadeloupe et ont découvert que leur voisine était fan et avait tous mes livres. Cela a fait évoluer les choses.

Le plus beau rêve : Que ça continue !

Et les mots de la fin : 

Est-ce que les livres pourraient être réalisés au ciné ?

Peut-être mais ça ne dépend pas de moi. C'est très compliqué.

Une actrice pour Eva ?

Je ne répondrais pas, comme je le disais, chacun imagine son personnage comme il le souhaite. À la limite, je préférerais quelqu'un d'inconnu.

dedicace sire cedricVoilà, pour l'idée générale de ce café littéraire. Sire Cédric a ensuite pris le temps de discuter avec chaque personne présente, dédicaçant au passage les livres que chacun avait amené, ses oeuvres, bien entendu, pas le dernier Maxim Chattam ;) ! 

J'ai pu discuter avec lui de mon ressenti sur son roman, ainsi que de sa belle région de Toulouse que j'affectionne, et qui prend une place importante dans le déroulé de l'action de "La mort en tête". 

Au regard de tout cela, je ne peux que conclure que Sire Cédric est un auteur de talent, d'une gentillesse peu commune, et dont je partage beaucoup d'idées sur la littérature en général. Je crois bien qu'il va falloir que je me procure d'autres de ses oeuvres.

Vous pouvez aussi retrouver la chronique de "La mort en tête" en suivant le lien en bleu.

 

 

 

Posté par Lanael Logan à 14:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]